Autobronzant : trois formules que je garde, une que j’ai arrêtée

J’ai passé trois étés à tester des autobronzants pour une raison professionnelle très prosaïque : une cliente qui doit porter une robe à bretelles fines en septembre veut rarement des marques de bronzage de sandales. Ce que j’ai retenu tient en une phrase. La qualité d’un autobronzant se voit aux chevilles et aux genoux, jamais sur le haut du bras.

Les textures, et ce que chacune donne

La mousse teintée est la plus facile à maîtriser parce qu’elle se voit pendant l’application. Vous savez où vous êtes passée, ce qui règle 80 % des accidents. Elle sèche en trois minutes, ne colle pas, et le guide colorant part à la première douche. Son défaut est qu’elle demande un gant d’application, sans quoi vous aurez les paumes orange pendant deux jours.

Le lait ou la crème hydratante à effet progressif est la solution des indécises. La teinte monte sur trois ou quatre jours, l’erreur est donc rattrapable. Le résultat plafonne vite : n’espérez pas dépasser un hâle léger, quel que soit le nombre d’applications. C’est ce que j’utilise moi-même, parce que l’oubli d’un jour ne se voit pas.

Les gouttes concentrées à mélanger à sa propre crème sont la formule la plus souple, et la plus risquée. Trois gouttes donnent un teint reposé, six gouttes donnent un résultat que vous regretterez. Elles conviennent surtout au visage, où l’on veut un contrôle fin, et beaucoup moins au corps où le dosage devient vite approximatif.

La quatrième famille, les lingettes imprégnées, est celle que j’ai arrêtée. Le produit se dépose de façon irrégulière dès que la lingette sèche, c’est-à-dire au bout de deux membres, et j’ai systématiquement obtenu des démarcations aux poignets. Le format voyage est pratique, le résultat ne l’est pas.

La préparation fait plus que le produit

Flacon cosmétique blanc à pompe entouré de feuillage vert, vu de dessus

Un gommage la veille, jamais le jour même. La peau a besoin de quelques heures pour retrouver son film hydrolipidique, faute de quoi l’autobronzant accroche sur les zones à vif. Insistez sur les coudes, les genoux et le dessus des pieds, qui sont les trois endroits où la peau est la plus épaisse et fixe donc davantage de pigment.

Hydratez ensuite uniquement ces zones sèches, une demi-heure avant l’application, avec une crème légère. La couche de crème fait tampon et empêche la surcharge. Le reste du corps doit rester nu, sinon le produit glisse et ne prend pas.

L’ordre d’application qui évite les traces

  • Commencez par les jambes, du bas vers le haut, en mouvements circulaires larges.
  • Passez aux bras, puis au buste et au dos, en gardant toujours le même gant.
  • Terminez par les mains et les pieds avec ce qu’il reste sur le gant, sans ajouter de produit.
  • Attendez dix minutes avant de vous rhabiller, en vêtements amples et sombres.
  • Ne prenez pas de douche avant six heures, et pas de sport avant la première douche.

Le geste que tout le monde rate est le dernier. On ajoute du produit pour les mains parce qu’on trouve que le gant n’en a plus assez. C’est précisément ce qui crée la démarcation au poignet. Le gant vide dépose exactement la bonne quantité sur le dos de la main, où la peau est fine.

Ce qu’un autobronzant ne fait pas

Il ne protège pas du soleil. Un hâle obtenu par la dihydroxyacétone ne contient aucune mélanine et n’apporte aucun indice de protection, contrairement à une croyance tenace. La crème solaire reste nécessaire dans les mêmes proportions, et c’est la seule chose que je répète systématiquement.

Il ne corrige pas non plus une marque de bronzage existante. Appliqué sur une peau déjà irrégulière, il accentue le contraste au lieu de le lisser. Si vous revenez de vacances avec une marque de maillot nette, attendez qu’elle s’estompe avant de sortir le flacon.

Accessoires de bain naturels, savon et gant de crin sur lin écru

Le visage demande un autre produit

Utiliser son autobronzant corps sur le visage est l’erreur la plus fréquente, et elle se voit à deux endroits : la lisière des cheveux, où le produit s’accroche, et les ailes du nez, où la peau est plus fine et fixe davantage. Les formules visage sont moins concentrées et contiennent des agents hydratants qui évitent l’effet carton.

Le geste change aussi. Sur le corps, on travaille en cercles larges ; sur le visage, on tapote et on estompe vers l’extérieur, en s’arrêtant deux centimètres avant la naissance des cheveux. Passez ensuite un coton sec sur les sourcils et le contour des narines, qui retiennent toujours un excès invisible à l’application.

Rattraper une application ratée

Tout se joue dans les six premières heures. Une zone trop foncée s’atténue avec un gommage doux au bicarbonate mélangé à un peu d’huile végétale, en frottant uniquement la zone concernée. Passé douze heures, le pigment est fixé dans la couche cornée et il faudra attendre cinq à sept jours de renouvellement cellulaire.

Pour une trace franche au poignet ou à la cheville, le jus de citron sur un coton fonctionne mieux que n’importe quel produit dédié, à condition de rincer immédiatement et de ne pas s’exposer au soleil ensuite. C’est un remède de grand-mère que trois esthéticiennes m’ont confirmé indépendamment.

Sur la composition et la sécurité des produits cosmétiques, les avis publics sont consultables auprès de l’Anses.

Ma routine tient en trois produits : un lait progressif pour l’entretien, une mousse pour les rendez-vous qui comptent, un gant neuf tous les deux mois. Le reste est du confort de marketing. Le même principe de sobriété s’applique à les baskets Autry ou à le choix d’une frange : peu de pièces, choisies pour ce qu’elles font, gardées longtemps.